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Sophrologie et histoires de poids

Posted at 27 octobre 2013 | By : | Categories : Non classé | 0 Comment

 

Quelle place pour la sophrologie ?

Comment peut-on accompagner au mieux une personne souhaitant modifier son rapport à l’alimentation en vue d’un objectif de réduction pondérale ?

Mise en place d’une bonne motivation :

Comme dans tout changement de comportement, un travail préalable sur la motivation est essentiel. Il peut s’effectuer simplement lors de l’entretien, mais peut aussi être ancré plus profondément dans le ressenti corporel et émotionnel grâce à une SAP.

Les objectifs les plus souvent rencontrés sont : retrouver une meilleure condition physique, une meilleure vie sexuelle, avoir un enfant dans de meilleures conditions, pouvoir s’habiller plus facilement, prendre moins de médicaments, se libérer de ses pulsions alimentaires, se sentir plus à l’aise en société, se sentir plus léger(e), attirer les regards des hommes (ou des femmes), avoir une meilleure image de soi-même, …

Grâce à l’activation intra-sophronique, l’objectif sera

ressenti globalement dans le corps et dans le coeur. Aussi, l’intensité du désir sera plus intense que s’il était simplement et froidement réfléchi.

Reprenons une par une les difficultés qui peuvent se présenter :

a- L’altération des sensations alimentaires

Grâce à un travail sur le schéma corporel au niveau abdominal effectué

après manger, on va s’attacher à retrouver la sensation de satiété.

Avec des exercices de visualisation, on va chercher à reprendre conscience de la différence entre la sensation d’envie de manger et la véritable faim.

La redécouverte du plaisir gustatif et de l’intuition alimentaire peut se pratiquer grâce à des exercices de conscientisation des goûts, l’objectif étant de devenir

gourmet plus que gourmand, et de développer son intuition alimentaire.

Exercice sur l’intuition alimentaire :

Maintenant que vous êtes assis là en train de lire, prenez quelques secondes en fermant les yeux et en faisant passer dans votre esprit l’image sensorielle des aliments suivants :

– croissant – carottes râpées – pizza – compote de pomme – yaourt – fromage de chèvre – salade verte – poulet – glace – etc.

Retrouver pour chacun d’eux le souvenir de leur goût, et essayez d’imaginer si vous auriez envie d’en manger actuellement. Ou plutôt, si vous sentez que ces aliments seraient agréables en bouche et qu’ils vous feraient du bien, juste maintenant.

b- La restriction cognitive

Dans ce cadre, l’objectif est de se libérer du carcan des « il faut que ».

De très nombreuses études ont clairement démontré que manger moins sucré, ou moins gras, au petit déjeuner ou pas, avec ou sans édulcorants, etc. est inefficace sur le contrôle pondéral. En fait, aucune règle alimentaire n’a pu faire la preuve de son efficacité.

L’objectif est simplissime : pouvoir à nouveau et librement

manger ce qui nous attire, quand on a faim, et savoir arrêter de manger quand on n’a plus faim.

Simplissime, mais pas si facile à atteindre quand mange autrement depuis des années …

c- La peur de la sensation de faim

La faim est devenue insupportable dans cette société où tout désir peut être comblé à tout moment.

Pacifier avec la sensation de faim est un objectif délicat : il sera par exemple contre-indiqué chez les personnes à tendance anorexique.

Il ne s’agit surtout pas de contrôler la faim avec la volonté, mais d’en accepter totalement les sensations, de l’accueillir comme une amie.

Un travail sophrologique pourra être effectué dans ce sens, qui sera conduit au mieux le ventre vide, et se décliner ensuite sous forme de sophro correction sérielle.

La faim n’est pas une ennemie contre laquelle nous devons lutter, mais peut aussi être considérée comme porteuse de bonne nouvelle : quand on a faim, c’est qu’on maigrit !

Nous pouvons donc apprendre à vivre cette sensation en l’associant à nos objectifs.

d- Une hyperperméabilité au stress et aux émotions

Dans ce cadre, c’est toute la gestion du stress qui est à considérer, domaine que le sophrologue manie bien.

Pour commencer, on va faire la liste des situations – pièges, par exemple : lors des pauses café, quand on rentre dans sa voiture, après avoir téléphoné, en regardant le frigidaire, en s’asseyant dans son canapé, en regardant la télévision, en rencontrant tel(le) ami(e), en faisant des courses, quand les enfants prennent leur goûter, quand on prépare à manger, avant de se coucher ou même quand on se lève la nuit.

En visualisant ces situations en activation intra-sophronique, nous allons pouvoir laisser imaginer des comportements alternatifs qui n’apparaissent pas spontanément.

 

e- Le trouble du réconfort

En cas d’envie de manger, on va donc s’autoriser à manger, mais tout en apprenant à se réconforter du mieux possible, avec ce qui est juste nécessaire.

Les techniques de pleine conscience (proches de la psychothérapie Vittoz ) nous invitent à vivre le fait de manger un aliment lentement, en étant attentif instant après instant à toutes les sensations qui surviennent, y compris les souvenirs, émotions, images et pensées.

Dans ce cadre, consommer en pleine conscience les aliments que nous apprécions nous procure du plaisir et nous réconforte, et la constatation courante est qu’alors on en mange en bien moins grande quantité.

Quand on a « envie de manger », on n’a pas besoin de nourrir son corps, mais son coeur. On est aussi bien rassasié par la quantité et la qualité de la nourriture, que par le plaisir que l’on a éprouvé à manger.

En prendre conscience profondément nous permettra de nous y autoriser de temps en temps. Et automatiquement, cette pratique de pleine conscience nous apprendra aussi à manger sans culpabilité.

Les émotions qui poussent à manger:

Le besoin de réconfort est très fréquent dans les compulsions alimentaires, et on mange souvent, par exemple : pour se faire du bien après une contrariété ou une colère ; Sous l’effet d’un sentiment d’ennui, de vide ou de tristesse ; Sous l’emprise d’une inquiétude ; Après un sentiment d’insatisfaction ou de frustration ; pour se révolter envers une contrainte, et en particulier si quelqu’un surveille notre façon de manger ; On mange parfois parce qu’on s’en veut de trop manger ; Et pire que tout, quand on se décourage car la balance affiche un kilo de plus, ou encore tout simplement parce qu’on vient de craquer !

A ce niveau, le travail de psychothérapie de fond va être très enrichissant. En attendant, un travail comportemental en sophro correction existentielle pourra déjà bien aider.

Ressentir et suivre sereinement sa sensation de satiété ;

Ce n’est pas tout de réussir à bien percevoir la satiété et qu’on a plus faim, encore faut-il pouvoir alors arrêter de manger alors qu’on pourrait continuer encore … et on continue pour plusieurs raisons : présence d’exhausteurs de goût dans l’alimentation, insuffisance de réconfort, partage social du repas, etc.

Un travail sophrologique intéressant est d’apprendre à obéir tranquillement à sa sensation de satiété. On pourra proposer de s’exercer en consommant lentement des aliments satiétogènes, par exemple la pomme de terre en « robe des champs », la patate douce, l’oeuf dur, les céréales complètes et les légumineuses.

 

f- Des difficultés d’estime de soi, de la vision de soi et de son schéma corporel.

A ce niveau, la sophrologie possède de multiples approches qui vont d’ailleurs au-delà de la vision du « petit soi ». La pratique de la méditation pourra se révéler fondamentale.

En attendant, la pacification avec certaines parties du corps qui font horreur pourra être une étape fondamentale pour pouvoir revivre en harmonie dans un corps plus souple et plus fluide. Et il n’est pas impossible que le fait de développer la sensation de devenir plus léger dans son esprit soit un préalable important au fait de devenir plus léger dans son corps.

Bibliographie

Gilles Pentecôte : Mincir et manger sereinement. 210 pages avec 2 CD. Ed Ambre 2009.

Méthode progressive avec 2 CD détaillant les approches sophrologiques, de pleine conscience, de visualisations, de pacifications avec le corps, etc. Textes des CD disponibles sur demande. Voir le site http://spiralibre.com/ et en particulier

http://spiralibre.com/relaxation-meditation-et-equilibre-psychologique/

Philippe Zermatti : Maigrir sans régime. 420 pages. Ed. Odile Jacob 2002

Neuro-psycho-biologie de l’alimentation. Détaille parfaitement bien la restriction cognitive.

Michèle Freud : Maigrir et se réconcilier avec soi. 220 pages. Ed. Albin Michel 2003

Une approche très intéressante, en partie sophrologique, en partie TCC et en partie analytique.

M.A. Auquier : Mon poids de forme. Apprendre à bien manger grâce à la sophrologie. 220 pages. Ed. Ellebore 2001

Gérard Apfeldorfer : Maigrir, c’est dans la tête. 360 pages. Ed. O. Jacob 1997

Psychologie du comportement alimentaire. Cas cliniques détaillés. Commentaires très fins.

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